Alan Munde - Stage à Paris

A la suite du festival de la Grange rouge 2009, Alan Munde a fait escale à la MJC de Ris-Orangis (91), lors d'une soirée organisée par Jean-Marie Redon, pour nous dévoiler quelques uns de ses secrets banjoïstiques. Il était accompagné à la guitare par James Field (guitariste du groupe Blue Railroad Train).


Alan Munde lors du Workshop 2009 organisé par Jean-Marie Redon à Ris OrangisA. Munde a expliqué sa méthode pour aborder un nouveau morceau au banjo. Son approche plutôt ludique compare la musique à un langage comportant des mots, des synonymes et des phrases universelles.

Mélodie

Pour A. Munde, il faut se raccrocher à la mélodie du morceau : pour construire un solo il faut avant tout être capable de jouer la mélodie aussi simple soit elle. Sans se préoccuper des accords dans un premier temps, il fredonne la mélodie et en cherche les notes sur les premières cases du manche (= pas au delà de la 5ème case). Il essaie un maximum de roulements pour trouver ceux qui s'ajustent le mieux avec ces notes, puis intègre des effets (slide, hammer-on, pull-off...). Il travaille mesure par mesure et se constitue ainsi un "vocabulaire" de mesures, réapplicables à n'importe quel morceau comportant ces mêmes notes de thème. Il répète le morceau en choisissant aléatoirement différents "synonymes" pour constituer la meilleure combinaison du moment. Puis en reproduisant ce travail à différents endroits du manche il enrichit ses solos. Afin de s'approprier le morceau de manière encore plus personnelle, il dérive ensuite vers des notes plus éloignées de la mélodie.

Back-up

Alan Munde a insisté sur le fait que dans la configuration d'un groupe de Bluegrass, le banjo, comme tout autre instrument, passe quasiment 90% du morceau à faire des back-ups. Il conseille de ne pas chercher la complication. Il nous a montré des exemples de roulements très simples sur des  positions  d'accords fermés (sans corde à vide)  qui  durent soit  une  mesure soit  deux mesures, puis a abordé les  « passing  tones », successions de notes permettant la  transition d'un accord à un autre. Il a souligné également l'importance de placer sa main droite loin du chevalet et prêt du manche pour avoir un son plus « rond » durant les back-up.

Pour retenir les différents types de combinaison de notes, qui ne sont a priori pas toutes nommables facilement musicalement si ce n'est pas une suite de notes indigeste, il suggère à chacun de recourir à des mots simples. Ex: Il appelle des passing tones "Fred" .

Une remarque sur l'appelation des renversements d'accords. Il appelle:
- 1er renversement, la position de F car c'est la 1ère corde qui donne son nom à l'accord,
- 2ème renversement, la position de D, car c'est la 2ème corde qui donne son nom à l'accord.
- 3ème renversement, la position barré, car c'est la 3ème corde qui donne son nom à l'accord.

Résumé en vidéo

Quelques extraits de cette leçon de banjo dans cette vidéo (recherche des notes de la mélodie, les roulements sur une ou deux mesures, une application sur la chanson Blue ridge moutain blues)

 

D'autres vidéos (Nine Pound hammer, Sitting on top of the world, Blue ridge mountain blues...) ainsi que des photos sont visibles sur cette page :  Alan Munde - Vidéos et photos

 

Tablatures

Alan Munde nous invite à s'amuser à écrire en tablatures ce que l'on sait jouer après s'être enregistré pour s'assurer que l'on est capable de reconnaître à l'oreille son propre jeu; si ce n'était pas le cas, difficile alors de comprendre spontanément le jeu des autres... et cet exercice permet aussi avec l'habitude d'avoir une idée assez précise d'un morceau dont on lit la tablature sans l'avoir jamais entendu auparavant.

Onglets

Un détour par la tenue des onglets : Alan Munde ne cherche pas du tout, contrairement à de nombreux banjoïstes, à jouer systématiquement l'onglet à plat le long de la corde pour minimiser les bruits métalliques qui d'ordinaire parasitent le son. Cette position n'étant pas naturelle pour les doigts, il attaque au contraire la corde avec le bord de l'onglet et le son reste parfaitement net !  Cela lui  permet en plus d'attaquer toutes les cordes à égale distance du chevalet indépendamment  du doigt  de  la main droite utilisé et d'avoir un son homogène. A chacun donc sa préférence...

Main gauche

La main gauche a aussi son importance. Elle participe à ce qu'il appelle la « syllabisation » des phrases mélodiques. Explication : il a joué deux fois la même chose, la première fois en posant les doigts sur les frettes et en laissant les notes « résonner » (c'est à dire en maintenant la pression sur  les cordes), la deuxième fois en relevant  légèrement  les doigts après avoir fait sonné chaque note,  la différence est subtile mais tout à fait sensible.

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